Les conclusions de la FNADE sur le coût de la gestion des déchets

La FNADE a organisé un colloque le 25 octobre 2012, sur le coût de la gestion des déchets en France. Tirant profit de témoignages et de retours d’expériences des collectivités locales, cet évènement aura réussi à dégager des pistes de réflexion à explorer pour optimiser le coût résultant pour l’habitant.

La FNADE souligne les efforts menés depuis 20 ans

Lors de ce colloque, la FNADE (Fédération Nationale des Activités de Dépollution et de l’Environnement) a mis en avant que « l’analyse réalisée par l’ADEME grâce à l’outil compta-cout, utilisé aujourd’hui par de nombreuses collectivités locales représentant 60% de la population française, conduit à un coût moyenné de gestion des déchets ménagers de 176 € la tonne collectée ou 99 € par habitant et par an soit 27 cts d’euros par habitant et par jour. L’ensemble des acteurs présents s’accordent pour dire que l’univers des déchets en 2012 n’a plus rien à voir avec l’univers des déchets de 1992, date décisive actant le démarrage du recyclage des déchets ménagers en France et qui nous a conduit 20 ans plus tard à nos priorités de prévention et de recyclage de nos déchets. »

Témoignages des acteurs locaux et de leur représentants

Une grande place a été laissée aux collectivités locales pour qu’elles puissent s’exprimer et faire un retour de leurs expériences propres en matière d’amélioration de leur coût de gestion des déchets.

Olivier Le Clech, directeur général du SIOM de la Vallée de Chevreuse s’exprime ainsi : « La fiscalité aura diminué de 10% sur la durée de la mandature du fait de la réduction des dépenses (frais d’études, frais d’avocats), du développement des recettes industrielles (redevance spéciale, incinération, vente des produits et des énergies), de l’optimisation du service de la collecte (fréquence de collecte, point d’apport volontaire pour certains flux) et des travaux de valorisation énergétique de l’usine d’incinération (augmentation de la puissance de la chaudière existante, pose d’une seconde chaudière et  d’un groupe turbo-alternateur)» .

Des propos complétés par Robert Figuéras, directeur de la Propreté et du Cadre de vie à Plaine Commune : « Sur ce territoire de Seine Saint Denis comprenant 86% d’habitat collectif et 76% d’habitat social, ont été harmonisées les fréquences de collecte et mises en place des colonnes enterrées se substituant aux collectes en porte à porte. Le point décisif pour réussir cette transformation du service a été de donner aux bailleurs une responsabilité en matière de gestion des déchets au travers d’une convention. Le gardien a en charge la propreté autour des colonnes enterrées, l’alerte des services de propreté de la ville si nécessaire et surtout la communication et la sensibilisation des propriétaires et locataires».

Illustration de la diversité des modalités de gestion des déchets, le témoignage de Dominique Rodriguez, président du SIETOM de Tounan en Brie sur la mise en place d’une filière de compostage des ordures ménagères résiduelles : « Pour favoriser l’acceptabilité des installations de traitement de déchets, il faut aller au bout de la démarche et faire les investissements nécessaires pour garantir l’absence d’impact sur l’environnement et la qualité des produits sortants (compost). Il faut avoir le courage politique pour assumer le coût et travailler sur des investissements intelligents qui permettront de maîtriser le coût opérationnel ».

Les évolutions à venir

En conclusion, Nicolas Garnier de l’Amorce (l’association nationale des collectivités, des associations et des entreprises pour la gestion des déchets, de l’énergie et des réseaux de chaleur) et Michel Valache, président de la FNADE ont apporté des précisions sur le contexte actuel : « nous sommes à une période charnière en matière de gestion des déchets où il est plus que jamais nécessaire pour les collectivités locales d’assumer l’augmentation du coût de la gestion des déchets (incluant 20% de prélèvements étatiques) et de l’optimiser car ce coût est aujourd’hui en limite d’acceptabilité pour le citoyen ». Ils ont rappelé que pour limiter l’augmentation de ces coûts « La maîtrise des coûts passe d’une part par la connaissance des coûts pour permettre le benchmarck entre collectivités locales et par la mise en cohérence de la gouvernance en matière de déchets ».

Ils sont accordés sur le fait qu’il fallait « privilégier le juste et suffisant besoin pour l’habitant pour ne pas aller trop loin dans le service mais bannir le « low cost » qui mettrait en péril la santé et la sécurité de nos collaborateurs ».

En enfin, Michel Valache a évoqué les nécessaires réduction et valorisation des déchets : « L’évolution inéluctable vers moins de déchets stockés à moyen terme nécessite de nouveaux investissements et leur financement : il faut évaluer ce que représente cet objectif en termes de calendrier, de moyens et de coût. Il est également nécessaire de remettre le sujet déchets – énergie au cœur du débat pour construire une industrie durable de valorisation de nos déchets ».

On retient de ce colloque que la maitrise des coûts de gestion des déchets est la priorité de nos collectivités locales, en offrant, bien évidement, une qualité de service maximale aux administrés.

Source : www.fnade.org/

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